Une ville préhistorique
De nombreux vestiges, dont deux sépultures d’époque cardiale, attestent une occupation du sol avignonnais dès 3000 ans avant JC. Lacivilisation chasséenne qui a suivi est à l’origine de l’agglomération.
Vers 2000 av. JC, une véritable ville néolithique, couvrant plusieurs hectares, s’étend sur les pentes du Rocher des Doms et les berges du
Rhône. Le site ayant connu une occupation constante depuis ces temps reculés, Avignon constitue l’une des plus vieilles villes d’Europe.
Une cité antique Sans repli,
la ville franchit les âges du bronze et du fer. Après avoir été capitale celto-ligure, comptoir phocéen, frappant monnaie à son
nom, Aoye, elle devient cité romaine. L’antique Avenio couvre alors
46 hectares et les éléments exhumés témoignent d’une ville florissante bien que
l’architecture, en raison de l’histoire, n’ait pas laissé de témoins apparents. Connue comme l’une des 80 cités de la Gaule sous Auguste,
colonie latine sous Claude, elle est promue au grade de cité romaine au IIe siècle de notre ère sous Hadrien.
Sa population atteint 27 000 habitants.
Durant les invasions barbares qui marquent la chute de l’Empire romain, Avignon se rétracte autour du rocher. Devenue citadelle avancée du royaume burgonde, son histoire n’est plus qu’une
longue suite de partages, de guerres et de sièges sanglants jusqu’au XIIe siècle.
En dépit de toutes les invasions, la vie intellectuelle continue à fleurir sur les berges du
Rhône.
Le VIIe et le VIIIe siècle sont les plus noirs de
l’histoire avignonnaise. La cité devient la proie des Francs sous Thierry Ier, roi d’Austrasie, en 612. Le concile de Chalon-sur-Saône est le dernier qui, en 650,
indique une participation épiscopale des diocèses provençaux. À Avignon, il ne va plus y avoir d’évêque pendant 205 ans, le dernier titulaire connu étant Agricol.
Après la défaite de Poitiers, en 730, les troupes d’Abd al-Rhamân refluent par la vallée du Rhône vers les
côtes méditerranéennes. Les armées franques les poursuivent, prennent Avignon, en 737, égorgent une partie de sa population puis rentrent en Septimanie, l’actuel Languedoc. Les troupes sarrasines sont dispersées à Montfrin puis écrasées sur le plateau de
Signargues, près du Pont du Gard. Horrifié par les exactions des Francs, le patrice provençal Moronte sollicite l’aide des Sarrasins qui reviennent en alliés à
Avignon et Marseille. Pour les déloger, en 739, Pépin, le fils de Charles Martel, fait appel à Liutprand, le roi lombard, qui arrive par les cols des Alpes. Les deux cités sont prises d’assaut et
mises à sac par les Francs et les Lombards. Leur population est exterminée.
Gérard de Roussillon, gouverneur de Provence et héros de la
« Chanson de Roland »
Après ce désastre, le milieu du IXe siècle
marque un léger renouveau dans l’histoire d’Avignon et de son diocèse. En 853, le noble Gaucelin et son épouse donne à l’Église d’Avignon et à son évêque Ragenutius le prieuré Sainte-Marie de
Jonquerettes et tous leurs biens « dans le comté d’Avignon ». La sureté de cette place forte est à nouveau reconnue puisque Gérard de Roussillon,
gouverneur de Provence et héros de la « Chanson de Roland », s’y réfugie après sa défaite face aux armées de Charles le Chauve. Il y meurt en
873.
Après le partage de l’empire de Charlemagne, Avignon, comprise dans le royaume
d’Arles ou royaume des Deux-Bourgogne, fut possédée en
commun par les comtes de Provence et de Forcalquier, puis par ceux de Toulouse et de Provence.
Sous la suzeraineté de ces comtes, elle fut dotée d’une administration autonome (création d’un consulat en
1129, deux ans avant sa voisine Arles)
1209, concile d'Avignon avec une deuxième excommunication pour Raymond VI de Toulouse.
Lors de la guerre des Albigeois, la ville ayant pris parti pour Raymond VII de Toulouse, comte de Toulouse, elle fut assiégée et prise par le roi de France Louis VIII le
9 septembre 1226.
Fin septembre, soit peu de jours après la reddition de la ville aux troupes du roi Louis VIII, Avignon connu
des inondations.
En 1249, elle s’érigea en une république à la mort de Raymond VII, ses héritiers étant partis en
croisade.
Mais en 1251, elle fut forcée de se soumettre aux deux frères de Saint Louis, Alphonse de Poitiers et
Charles d’Anjou, héritiers par les femmes des marquisat et comté de Provence, qui en furent coseigneurs. Après la mort d’Alphonse
(1271), Philippe III de France hérita de sa part d’Avignon, et il la transmit en 1285 à
son fils Philippe le Bel. Celui-ci la céda en 1290 à Charles II d’Anjou, qui dès lors resta seul propriétaire de toute la ville.
La papauté d’Avignon
Transfigurée par les papes au XIVe siècle, la cité rhodanienne a résisté aux assauts du temps. Églises, palais et couvents composent un décor
médiéval spectaculaire et parfaitement conservé.
Avignon est connue comme ancienne cité papale. En 1309, sous le pape Clément V (ex-archevêque de Bordeaux), Avignon devint la résidence des papes, déjà possesseurs du comtat Venaissin ;
elle fut vendue le 9 juin 1348 à Clément VI par Jeanne Ire de Naples, reine de Naples et comtesse de Provence. Au total ce sont neuf papes — dont deux schismatiques — qui vont se succéder dans le palais des Papes et enrichir
celui-ci au fil des pontificats. À la fois forteresse et palais, la résidence papale est construite entre 1334 et 1363. Elle sera pendant près d'un siècle le siège de la chrétienté d'Occident.
Sept papes et deux anti-papes s'y succédèrent.
La cour bouillonne et attire un grand nombre d'immigrants : marchands, peintres, sculpteurs,
musiciens...
En 1355, Innocent VI fait élever de nouveaux remparts, afin d'englober les nouveaux faubourgs et de tenir les
grandes compagnies à distance. Ces bandes de pillards épargnent la ville après avoir reçu une très dissuasive compensation financière. Puis les saints pères s'en retournent à Rome, les siècles
passent... Et Avignon conserve sa muraille. Une muraille pas bien haute, finalement, que l'on pourrait presque enjamber et qu'un certain missionnaire, le père
Labat, raillait ainsi en 1731 : « Si les boulets de canon n'étaient remplis que de vent, [les remparts] pourraient résister quelque temps. » Il a même été question un moment
de les démolir. On les avait déjà percés : ils comptaient en effet 7 portes à l'origine, fermées la nuit et réduites à 4 vers le XVIe siècle. On en compte aujourd'hui 29, étroites poternes et brèches incluses. Les murs actuels
(4 330 mètres de longueur) datent de 1356. Ils furent édifiés à la demande du pape Innocent VI pour englober les nouveaux quartiers d'une ville en pleine expansion et la protéger des
bandes de pillards qui écumaient la région. Au XIXe siècle, l'architecte Viollet-le-Duc redessina l'ensemble. Parfaitement conservée, cette
muraille basse à mâchicoulis ensère le cœur administratif et culturel de la ville. Un Avignonnais sur sept y a élu domicile.
Urbain V prendra le premier la décision de retourner à Rome au grand bonheur de Pétrarque, mais la situation
chaotique qu’il y trouve et les différents conflits l’empêchent de s’y maintenir. Il meurt très peu de temps après son retour à Avignon.
Son successeur Grégoire XI décide à son tour de rentrer à Rome, ce qui met fin à la première période de la
papauté d’Avignon. Lorsque Grégoire XI ramena le siège de la papauté à Rome, en 1377, la
ville d’Avignon fut administrée par un légat. Les papes revinrent l’habiter pendant le Grand Schisme (1379–1411). Puis, de nouveau, la cité fut administrée par un
légat, assisté, de manière permanente à partir de 1542, par un vice-légat.
En 1691, la fonction de légat est supprimée et le vice-légat gouverne désormais seul la cité.
Ultérieurement, Avignon, comme capitale du Comtat Venaissin, est donc restée possession pontificale jusqu’à
la Révolution française.
Au début du XVIIIe siècle, les rues d'Avignon sont toujours étroites et
tortueuses, mais le bâti se transforme et des maisons remplacent petit à petit les anciens hôtels. Autour de la ville, plantations de muriers, vergers et prairies.
Le XXe siècle connaitra un important développement de la ville. Entre 1920 et
1975, la population a pratiquement doublée malgré la cession du Pontet en 1925 et la deuxième guerre mondiale.
Septembre 1947, première édition du futur Festival d'Avignon.
Le 11 novembre 1948, Avignon reçoit une citation à l’ordre de la division. Cette distinction comporte l’attribution de la croix de guerre avec étoile
d’argent
source wikipedia